#8 MARS – Quand la jeunesse se mobilise !

Ils sont jeunes et déjà, conscients des combats inhérents à la lutte féministe. La Team Colette est allée à la rencontre du collectif Sudriettes, une association féministe créée par les étudiants de l’ESME Sudra, école d’ingénieur basée à Paris, Lille, Lyon et Bordeaux.

Mais d’abord. Un petit rappel sur la journée du 8 mars, en quelques dates clés :

Les Sudriettes, jeune asso’ d’ingés engagés

Gabriel et Irène, 19 ans, nous racontent :

« À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le projet initial de l’école était d’offrir des fleurs à toutes les femmes de notre école (ndlr : ESME Sudria) . Cependant, nous les Sudriettes Paris, (et bon nombre des autres associations de l’école) nous étions complètement opposés à cette idée !

Nous avons donc été amenés à proposer autre chose, pour remplacer l’idée de départ. Nous avons proposé de faire des affiches de sensibilisations sur divers sujets et de faire circuler un questionnaire Google form avec des questions assez précises pour étudier et analyser le sexisme au sein de notre école. Nous en avons aussi profité pour mettre en avant notre association. »

Voici les résultats du sondage des Sudriettes :

Gabriel, Irène et leurs acolytes vous présentent... les affiches Sudriettes ! 

Le combat pour l’égalité continue à l’école…

Pour la présidente des Sudriettes, Eugénie Beldowski, le combat pour l’égalité est indispensable.

« Avec 9 étudiant.es nous avons créé les Sudriettes Paris car le sujet de l’égalité entre les femmes et les hommes est au cœur des débats dans la société française et aussi dans le monde entier.

C’est un vrai mouvement en faveur des femmes qui est en marche, et ce bien au-delà de la mauvaise réputation des féministes et du féminisme en général.

Le féminisme d’aujourd’hui n’est pas contre les hommes, l’égalité se fera avec les hommes.

Les Sudriettes Paris ont choisi de se concentrer sur les sujets liés à leurs études : l’accès des filles aux études d’ingénieurs, la place des femmes ingénieures dans les entreprises, l’égalité des salaires homme/femme dans le monde de l’ingénierie.

En étroite collaboration avec la direction de l’école nous sommes également très vigilant.es au sein de notre école qui à ce jour compte 20% de filles seulement. »

Mais aussi dans la rue !

Cet après-midi, des milliers de manifestantes et de manifestants ont marché dans les rues de Paris pour dénoncer le patriarcat et élever la voix contre les injustices faites aux femmes.

Féminisme : portraits de femmes du monde entier

Pour aller plus loin : les numéros à retenir

Le combat continue !

Toute la Team Colette vous souhaite de belles manifs constructives et sans violence.

Bisous et Courage aux Sudriettes, et à toutes les femmes de la planète ❤️

Les heures sombres, Catherine Grangeard

heures sombres

En ces temps troubles de couvre-feu et de confinement (imminent ?), la psychanalyste et écrivaine Catherine Grangeard nous livre ses conseils pour faire face sereinement à ces heures, qu’elle qualifie de sombres… Mais pas que. Découverte.

Puiser dans ses forces personnelles

Dans cette période difficile, comment ne pas perdre son temps ? Ce sentiment est insupportable. Cette impression de regarder s’entasser les jours aux jours sans qu’il ne se passe rien et de voir filer le temps est angoissant. Comme le dit la chanson le temps perdu ne se rattrape guère, ne se rattrape plus. 

Les heures sombres que nous vivons sont d’autant plus pénibles qu’on n’en connaît pas le terme. Cette incertitude ajoutée à celle d’un virus invisible qui circule on ne sait où m’amène à conseiller de quitter une attitude qui affaiblit : ressasser les pertes, les privations, les efforts à faire et toute cette série d’idées qui affaiblissent.

Certes, tout le monde souffre du manque de liberté. Certes, c’est déstabilisant. Certes, c’est affreux de ne plus réussir à tant bien que mal gérer sa vie. Par conséquent il s’impose dans ces temps d’exceptions d’adopter également un positionnement d’exception. Il n’est pas réservé aux héros ! Prendre conscience qu’aller puiser dans des forces personnelles inemployées jusqu’alors est la seule solution pour profiter du moment.

L’importance de renforcer son intériorité

Il s’agit de renforcer son intériorité face à ce que l’on ne trouve plus à l’extérieur. Les ressources internes peuvent s’épanouir et épanouir. Dans cette adversité, ne penser qu’à compenser fait décompenser. Il s’agit de développer d’autres ressources, de hiérarchiser et se poser les questions existentielles fondamentales. C’est le moment.

En ce moment, je conseille régulièrement mes patients à voir ou revoir le film  Les Heures sombres ou L’Heure la plus sombre au Québec (Darkest Hour).

Pourquoi ? Au travers des choix difficiles de cet homme d’Etat on perçoit les états d’âme qu’il traverse et doit dépasser.

C’est vital ! Ce film n’a pas vocation psychologique. C’est pour cette distance qu’il est si intéressant. C’est par ce décalage que l’on perçoit la détermination nécessaire pour affronter les épreuves.

Pourquoi vous devez ABSOLUMENT lire I’m Every Woman, de Liv Strömquist !

i'm every woman

Je ne sais pas vous, mais j’ai kiffé mes cadeaux de Noël ! Cette année, j’avais demandé des livres portés sur le féminisme. Ma soeur adorée m’a donc offert I’m Every Woman, de Liv Strömquist que j’ai dévoré en une demi-heure.

Et c’est reparti pour une sélection d’arguments en béton, qui je l’espère suffiront à vous convaincre de lire cette BD… Ou devrai-je dire, cette pépite !

Parce que vous allez découvrir Chaka Khan 

À l’origine du titre de cette bande-dessinée, I’m Every Woman est un titre de la chanteuse américaine Chaka Khan, sorti en 1978. Or, vous ne pouviez pas nécessairement la connaître, si comme moi vous n’avez pas grandi dans les années 80.

Étant donné que l’ouvrage commence par cette référence, vous êtes bel et bien invitée / invité à découvrir cette artiste, grâce à Liv Strömquist. Vous n’allez pas le regretter !

I’m Every Woman – Les paroles

I’m every woman, it’s all in me
Anything you want done, baby
I’ll do it naturally
I’m every woman, it’s all in me
I can read your thoughts right now
Every one from A to Z
(Woah, woah, woah)
(Woah, woah, woah)
I can cast a spell
Of secrets you can’t tell
Mix a special brew
Put fire inside of you
But anytime you feel
Danger or fear
Instantly I will appear, ’cause
I’m every woman, it’s all in me
Anything you want done, baby
I’ll do it naturally
(Woah, woah, woah)
(Woah, woah, woah)
I can sense your needs
Like rain unto the seeds
I can make a rhyme
Of confusion in your mind
And when it comes down
To some good old fashioned love
That’s what I’ve got plenty of, ’cause
I’m every woman, it’s all in me
Anything you want done, baby
I’ll do it naturally
I’m every woman, it’s all in me
I can read your thoughts right now
Every one from A to Z
(Woah, woah, woah)
(Woah, woah, woah)
I ain’t braggin’ ’cause I’m the one
You just ask me ooh and it shall be done
And don’t bother to compare
‘Cause I’ve got it
I’ve got it, I’ve got it, yeah, I…
I’m every woman

Parce que vous découvrirez Priscilla Beaulieu

Enfant, vos parents s’égosillaient sur du Elvis Presley à vous en faire perdre la tête ?Pensez-vous que ces derniers aient jamais pris connaissance de l’existence de Priscilla Presley, l’unique épouse du King ?

priscilla presley

Née Priscilla Ann Wagner à Brooklyn (NY) en 1945, et plus connue sous le nom de Priscilla Beaulieu, celle-ci rencontre Elvis Presley alors qu’elle n’a que 14 ans. Complètement fan de cette star internationale du Rock’n’roll, elle s’arrange pour aller le voir dans sa demeure, histoire de passer un moment inoubliable avec son idole.

Le grand Elvis Presley flash immédiatement sur elle [oui elle n’a toujours que 14 ans], et à cet instant commence une histoire d’amour pour le moins insolite. Ayant tout de même connaissance d’un certains nombres de lois interdisant les relations entre majeurs et mineurs, il se dit : tiens, et si je me la gardais pour plus tard.

En attendant de pouvoir enfin la fréquenter librement et de l’épouser, M. Presley décide de la cloîtrer à Los Angeles, en vue d’en faire une femme « parfaite» selon lui, c’est-à-dire une « sainte». Puis, il la relooke, lui met du fard sur les yeux, la transforme de la tête aux pieds… En d’autres termes, il la prend pour sa barbie. Priscilla, elle, n’y voit d’abord que du feu, elle est tellement folle de lui qu’elle ferait n’importe quoi pour lui plaire.

Néanmoins, en 1964, sa flamme en prend un sacré coup lorsque le King la trompe avec la chanteuse Ann Margret. Elle lui en veut un chouya, en sachant qu’elle, pendant tout ce temps, s’était pleinement dédiée à la chasteté.

« Et alors ?!» S’est-elle sans doute écrié peu après. « Je l’aime !»

Ainsi, Priscilla Beaulieu épouse Elvis Presley en 1967 à Las Vegas. En 1968, naît leur fille, Lisa Marie Presley, à Memphis. Mais le Roi n’est toujours pas rassasié, s’ennuit de sa femme qu’il trouve désormais trop âgée, et de sa fille dont il ne se soucie guère. Il tire sur des téléviseurs, prend des somnifères, et délaisse Priscilla plus que jamais.

Elvis Presley la trompe encore, à de nombreuses reprises, tout en faisant mine d’éduquer leur fille, à coup de voyages, de rencontres diverses et variées. Pour sa fille, Priscilla se plie aux exigences du King, quitte à faire croire qu’elle est parfaitement heureuse au sein de son couple, et ce devant les paparazzi.

Ce n’est qu’en 1972 que Priscilla Beaulieu demande enfin le divorce !

Ce qui lui vaut d’être vivement critiquée, et même haïe par les fans hystériques, les médias, et en somme, le monde entier.

Une vie pas facile, me direz-vous…

Parce que même Britney Spears va vous faire réfléchir

Quand on pense à Britney Spears, on imagine d’abord une jeune fille à couettes sur un album mondialement streamé. On se souvient d’une musique phare, Oops I did it again, ou encore Baby one more time

Très vite, cette image de jeune fille blonde, sexy, et « innocente»  disparait pour laisser place à la Britney Spears scandaleuse, celle qui s’est rasé le crâne, va savoir pourquoi.

Mais oui au fait, pourquoi ?

Liv Strömquist vous propose des éléments de réponse en relatant quelques faits.

Hypothèse N°1 : elle en avait peut-être assez des rumeurs qui circulaient à son sujet. Notamment celle lancée par son propre petit ami en 2004,  Jason Alexander, qui ne s’est pas gêné pour raconter les moult positions sexuelles testées avec elle, juste parce que ce dernier était frustré de voir son mariage avec Britney Spears annulé par les avocats de Jive Records, le label de la chanteuse.

Hypothèse N°2 : elle en avait peut-être marre des petits amis tout court, de ces mecs puant l’après-rasage, prêts à tout pour l’impressionner, à bord de leur lamborghini, vêtus de leurs plus beaux costards, sabrant des bouteilles de champagne hors de prix. Peut-être qu’elle voulait un peu de réalité dans son monde de Mickey.

Hypothèse N°3 : peut-être venait-elle de découvrir que le mythe de l’amour parfait, c’est vraiment bidon, et que le prince charmant n’existe pas, alors même que toute sa vie, elle a été entraînée à déclamer des paroles cucul la praline.

Parce que vous saurez tout sur les pires petits amis…

… De l’Histoire.

De Edvard Munch à Phil Spector en passant par Percy Shelley, Mao Zedong et Ingmar Bergman, on en apprend de belles sur les relations des personnalités masculines de tous horizons.

Entre narcissisme, possessivité, jalousie et tromperies, les pires petits amis de l’Histoire vous feront sans doute soupirer de soulagement à la simple idée que vous ne les ayiez jamais connu. Et c’est certainement mieux comme ça !

Auriez-vous préféré être la petite amie de Staline, Nadejda Allilouïeva-Staline, et ainsi passer votre vie à tenter de représenter un modèle idéal de partenaire bolchévique, dès l’âge de trois ans ? Vous marier à 18 ans avec un homme de 41 ans ?

Nadejda Staline

Songez-vous à la gloire et la joie qu’une relation avec Munch aurait pu vous procurer ? Oubliez cette idée. Après avoir lu les détails sordides de sa relation avec Tulla Larsen, que le peintre accuse de lui avoir transmis de mauvaises énergies, lesquelles l’auraient contraint à se tirer dans le doigt… Vous n’aurez plus envie d’être la muse de qui que ce soit. Et d’ailleurs, à propos de cet incident, c’est le peintre lui-même, ivre, qui l’a provoqué de son plein gré après une énième dispute avec sa compagne…

Parce que vous cesserez de détester Yoko Ono

Depuis des années, lorsque je regarde un documentaire sur les Beatles, je ne peux m’empêcher de penser : Mais cette Yoko Ono, qu’est-ce qu’elle faisait là ? Elle ne pouvait pas vivre sa vie de pacifiste ailleurs, sans déranger les scarabées ?

En lisant les dernières lignes de I’m Every Woman, j’ai pris conscience que j’émettais jusqu’ici des jugements de valeur gratuits à son encontre. D’accord, sa présence a tellement perturbé John Lennon que tous les journaux se sont écriés « Yoko provoque la fin des Beatles !», sans réfléchir deux secondes aux problèmes de dépendance affective de John Lennon : il l’appelait tout de même maman. On en est là !

Si malgré toutes ces contraintes oedipiennes, Yoko Ono reste forte et continue à fréquenter John Lennon, au bout d’un certain temps elle se lasse sérieusement et repense à son art. Oui, à son art, car à l’origine, Yoko Ono est l’inventrice du concept d’installation comme expression artistique. C’est d’ailleurs suite à l’une de ses installations (une échelle menant à un pense-bête sur lequel il est écrit Yes) que John Lennon la remarque et n’en démords plus. Ils se séparent enfin après avoir finalement réussi à créer et à faire de la musique indépendamment l’un de l’autre, et après avoir conçu… un fils. Une fois séparés, Yoko Ono s’est dit : Enfin Libre !

Fans imperturbables du chanteur, les journaux n’ont pas apprécié cette rupture, et ont choisi d’ériger des portraits racistes et peu flatteurs de Yoko Ono. Selon les journalistes, Yoko Ono n’a été que la « salope asiatique qui a dissous les Beatles».

Yoko Ono John Lennon

Après avoir lu la BD de Liv Strömquist, je vous souhaite de réfléchir, et de reconsidérer l’Histoire sous un autre angle.

Celui des femmes de…, des femmes oubliées, qui méritent, pourtant, tout notre intérêt.

 

 

 

Femmes écrivaines, pseudos masculins

écrivaines

Les grands noms de la Littérature perturbent parfois le lecteur. Entre les noms de plume, les noms d’emprunt, les noms qui sonnent masculins mais qui désignent en réalité des femmes, et inversement… difficile de s’y retrouver ! Et pour cause, au travers des siècles, de nombreuses femmes ont pris la plume et opté pour un patronyme masculin. Pourquoi donc ont-elle choisi de changer leur identité ?

Avant de publier ses romans sous le nom de Colette, notre écrivaine préférée se faisait passer pour son mari, Henri Gauthier-Villars, dit Willy. Ce dernier, surpris par ses talents d’écriture, n’hésita pas à en tirer profit pour accroître sa propre renommée littéraire. Ce n’est qu’après leur divorce en 1906 que Colette signa enfin ses ouvrages de son nom.

Si la séparation lui servit de déclic pour sortir de l’ombre, d’autres femmes de Lettres ont cheminé différemment tout au long de leur vocation littéraire. Alors qui sont-elles, et quels furent les arguments qui les poussèrent à écrire sous un autre nom ?

Découvrez notre sélection d’écrivaines aux multiples facettes.

George Sand, l’immortelle

C’est à la mort de George Sand en 1876, que Victor Hugo la qualifia d’immortelle. L’écrivaine naquit Amantine Aurore Lucile Dupin, à Paris en 1804.

georges sand

Originaire du Berry, Georges Sand avait des amis paysans avant de découvrir l’aristocratie parisienne. Elle avait donc connaissance de l’univers folklorique du monde rural, mais n’était pas dupe des manières de Paris. Elle resta toute son existence très attachée à sa région natale.

D’ailleurs, elle s’amusait volontiers des clichés de la capitale, fumait le cigare, portait des pantalons…

Une écrivaine « scandaleuse » pour l’époque

George Sand attisait la curiosité de ses confrères, ce qui ne manquait pas de la divertir. Balzac la détestait, et alla même jusqu’à la transformer en personnage dans ses romans, en inventant notamment le terme sandinisme, pour qualifier toutes les femmes qui seraient tentées comme elle de se déguiser en hommes pour vivre une vie d’indépendance et jouir d’une grande liberté.

Vivement critiquée par d’autres écrivains non moins célèbres, Lautréamont disait de George Sand qu’elle était un hermaphrodite circoncis, Jules Renard la traitait de vache à romans, Baudelaire de Latrines

Son entrée fracassante dans le petit cercle très fermé des Lettres parisiennes a sans nul doute créé le scandale.

Changer de nom pour obtenir plus de reconnaissance

George Sand choisit son pseudonyme à 27 ans. C’est à partir de cette invention qu’elle construisit non seulement sa carrière littéraire, mais qu’elle transforma également sa personnalité, et même sa vie entière.

Plus tard, ses enfants et petits-enfants porteront à jamais ce matronyme de Sand, sorti tout droit d’une influence a priori britannique.

Son objectif initial ? Être prise au sérieux par le monde littéraire tout entier, et par ses lecteurs.

Il y avait donc à l’origine de cette mutation un désir d’indépendance très fort, puisqu’elle parvint à asseoir son style et à bâtir sa renommée par le biais d’une fausse identité.

Lutter contre les injustices liées aux femmes

À l’époque, et finalement, comme aujourd’hui, être une femme c’est risquer de se faire aborder dans la rue par d’étranges inconnus, des malotrus qui ne voient en ces dames que des jupes frémissantes, afin de nouer d’éventuels rapports charnels.

Ces accosteurs du dimanche, George Sand les abbhorait. Sillonnant les rues, elle s’en agaçait au quotidien, et ne se sentait pas libre de se promener comme n’importe quel homme de sa ville.

Or, la liberté lui était si chère, qu’elle préfèra revêtir des habits d’homme pour enfin avoir la paix.

Sa vie ne fut pas facile, mais elle la maîtrisait tant bien que mal. De nature optimiste, elle était fière de son parcours, et ne souhaitait l’échanger pour rien au monde.

georges sand

Je ne suis pas de ces femmes qui abordent l’injustice avec un visage serein.

George Eliot, la réaliste victorienne

Tiens, revoilà George ! [un peu d’humour pardi.]

Peu connue du grand public, les oeuvres de George Eliot sont encore étudiées dans le milieu universitaire, et continuent de fasciner les passionnés de littérature britannique.

George Eliot

George Eliot, née Mary Ann Evans en 1819 dans le Warwickshire en Angleterre au sein d’un milieu modeste, était une des plus grandes écrivaines de l’ère victorienne (1837-1901). Elle portera toujours dans son coeur les Midlands, dont elle était originaire. Elle a été marquée à vie par son enfance en milieu rural (tout comme George Sand). Le décès de sa mère survint alors qu’elle n’avait que 16 ans, c’est peut-être ce qui explique la complexité du thème de la maternité dans ses romans. Son père, quant à lui, donna une excellente éducation à sa fille, car il la savait surdouée, curieuse par nature, et avide de lecture

Une femme timide, une écrivaine déterminée

Connue pour son oeuvre Middlemarch, dans lequel George Eliot décortique la vie de province, Mrs. Evans alias Eliot a vécu une existence qui pourrait s’apparenter à un roman. C’est d’ailleurs ce qu’en a fait sa biographe en chef, Kathy O’Shaughnessy, dans son livre Une passion pour George Eliot.

Paradoxale, Mary Ann Evans était une femme à la fois extrêmement confiante, mais aussi très vulnérable. Très timide, sujette aux migraines, elle avait souvent besoin d’être rassurée dans son travail littéraire. Son partenaire, George Henry Lewes, l’a à de nombreuses reprises encouragée à s’affirmer, et c’est bien grâce à lui que George Eliot écrivit ses premières nouvelles et son premier roman, qu’elle commença à l’âge de 37 ans seulement.

Physiquement, elle n’était pas à son avantage… Pour ne pas dire qu’elle manquait cruellement de beauté. Toutefois, son entourage lui trouvait une voix et un regard fascinants. Ces traits physiques désavantageux l’ont conduit à se construire une personnalité masquée, pour pouvoir vivre sereinement en société.

Virginia Woolf (elle-même !), avait conscience de sa laideur, et disait d’elle :

George Eliot n’était pas charmante, elle n’était pas très féminine, elle ne possédait aucune de ses excentricités et de ces irrégularités de caractère qui donnent à tant d’artistes la séduisante simplicité des enfants. Mais si nous examinons ses portraits de plus près, nous verrons que ce sont tous des portraits d’une femme célèbre d’âge mur, vêtue de satin noir sortant en Victoria. Une femme qui a achevé son combat et en est sortie avec un profond désir de se rendre utile à autrui […].

À propos de son chef-d’oeuvre (Middlemarch), Virginia Woolf disait également qu’il s’agissait de :

L’un des rares romans anglais écrits pour les grandes personnes.

Son deuxième roman, Adam Bede fut salué par Dickens, et connut également un immense succès.

Partir pour devenir libre et indépendante

Quand son père décéda en 1849, elle avait 30 ans. Si cette triste nouvelle lui donna du chagrin, elle considéra sa mort comme une sorte de délivrance puisqu’elle décida de vivre en totale indépendance. En effet, lorsque son frère lui proposa de venir habiter chez lui, elle refusa, et se mit en route pour Londres. Grâce à son héritage, ses finances étaient plutôt stables, mais elle se fit la promesse de travailler une fois arrivée à la capitale.

Sur place, elle rencontra son éditeur, J. Chapman. Elle devint son assistante, tandis qu’en parallèle elle publia beaucoup d’essais, et de textes littéraires. Elle fit de nombreuses rencontres exaltantes et productives malgré sa timidité maladive, dont le grand amour de sa vie, George Henry Lewes, qui était à l’époque un homme aux multiples facettes (philosophe, écrivain, critique de théâtre…) et qui comme elle n’avait pas été gâté par la nature sur le plan physique.

Si au moment de cette rencontre, il était déjà marié, il ne pouvait pas demander le divorce et acceptait indifféremment les liaisons de sa femme. Il n’était finalement engagé que sur le plan légal et s’autorisait à fréquenter qui bon lui semblait, mais la société n’approuvait pas sa relation avec George Eliot. Celle-ci paraissait scandaleuse à l’époque, ce qui valut à l’écrivaine d’être jugée très sévèrement par la société victorienne, mais aussi par sa famille : à cause de ce « scandale », son frère ne lui adressa plus jamais la parole.

Choisir un autre nom pour être lue et entendue

À partir de cet écho, Mary Ann Evans, déjà devenue Marian à Londres, fut considérée comme déchue. Sa relation avec Lewes, vivement critiquée, la marginalisa de la société londonienne. Humiliée, elle décida de s’affirmer et de signer tous ses documents « Marian Lewes », pour mieux prouver l’affection qu’elle portait à son mari d’adoption, et se rebeller contre tous ceux qui la fustigeaient.

En outre, M. Lewes la protégea toute sa vie face aux critiques. Il croyait et l’encouragea à écrire la conversion de Jeanne, et scènes de la vie du clergé sous un nom de plume : George Eliot.

Portrait de George Eliot

Il existe plusieurs hypothèses liées à ce nom : George, après tout, était le nom de son mari, qu’elle aimait tant, et réciproquement. Seconde hypothèse : elle admirait également George Sand, qu’elle avait beaucoup lue et connue puisqu’elles vivaient à la même époque.

Il plane toutefois un dernier mystère.

POURQUOI ELIOT ?

À vos hypothèses !

Laurent Danielle, la muse clandestine d’Aragon

Née en 1896 à Moscou de parents juifs, Elsa Triolet s’appelait en réalité Ella Yourievna Kagan.

elsa triolet

Sa soeur Lili, n’est nulle autre que Lili Brik, l’actrice et la réalisatrice avant-gardiste, la muse de Maïakovski.

Dans son enfance, la petite Elsa ne se sentait pas aimée, et jalousait sa soeur, qui toutefois la fascinait. Après de brillantes études d’architecture, un apprentissage approfondi du piano, elle voyagea avec sa mère et sa soeur un peu partout en Europe à la recherche d’aventures liées aux arts et à la musique.

Une muse voyageuse

En 1917, elle rencontra André Triolet, qui était en poste à Moscou en tant qu’officier français. Sa vie de couple fut malheureuse et surtout très ennuyeuse pour Elsa. Elle décida de quitter son mari en 1921, pour continuer à voyager à Londres, à Berlin où elle rencontra Victor Chklovski qui publia leurs échanges épistolaires Zoo, lettres qui ne parlent pas d’amour ou la Troisième Héloïse. Gorki lut ces derniers et encouragea Elsa à écrire. À Paris, elle logea à Montparnasse, et se mêla aux personnalités de son quartier et de son temps, dont Marcep Duchamp ou encore Man Ray.

Inspirée, elle écrivit son premier livre, À Tahiti, publié en 1925, puis bientôt Fraise des bois (qui était son surnom lorsqu’elle était enfant), sorti en 1926.

Résister en diffusant la presse : sa contribution personnelle

Ce n’est qu’en 1928, à Paris, que l’ancienne madame Triolet fit la connaissance de Louis Aragon, avec qui elle se maria quelques années plus tard, en 1939.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, elle aida son mari et participa à la Résistance, à travers des enquêtes de presse, et en contribuant notamment à diffuser les journaux La Drôme en Armes et Les Étoiles.

La première femme à recevoir le prix Goncourt

Entrée en clandestinité en 1943, elle parvint à publier sa nouvelle Les Amants d’Avignon, sous le nom de Laurent Danielle, en hommage à Laurent et Danielle Casanova, déportés à Auschwitz.

Cette nouvelle et trois autres furent rassemblées et publiées dans un recueil, Le Premier Accroc Coûte Deux-Cents Francs, grâce auquel elle reçut le prix Goncourt en 1945. Elsa Triolet fut donc la première femme à recevoir ce prix. Quant au nom du recueil, il annonçait en réalité le débarquement des troupes alliées en Provence, plus connu sous le nom de code Anvil* Dragoon**.

aragon triolet

*Anvil : enclume en anglais

**Dragoon : contrainte (car Churchill estimait qu’il y avait été forcé, contraint).

Daniel Lesueur, la prolifique

Alice Jeanne Victoire Loiseau naquit en 1854, aux Batignolles-Monceau d’un père lyonnais et d’une mère irlandaise.

jeanne loiseau

Une littéraire invétérée

Femme de Lettres, elle commença à écrire dès le plus jeune âge, des pièces de théâtre, en vers et même en prose. Elle aimait travailler son style, et y mettait beaucoup d’acharnement et de concentration. Elle savait nouer des relations, si bien qu’elle fit de belles rencontres, dont ses amis José-Maria de Heredia, Sully Prudhomme, François Coppée, mais aussi Juliette Adam ou encore la comtesse Anna de Noailles.

Nouveau nom, même succès

Excellente écrivaine, son style fut rapidement reconnu par l’Académie française qui lui décerna plusieurs prix de Littérature, dans des genres variés (roman, poésie, traduction…).

Le nom de Daniel Lesueur lui était imposé par son éditeur de ses premiers romans, Calmann-Lévy. Si celui-ci lui déplut, elle s’en accoûtuma au fil du temps. De plus, ce nom de Daniel Lesueur lui venait de son ancêtre maternel, Daniel O’Connell, et du nom de jeune fille de sa mère, Marie Henriette Lesueur.

Défendre la cause des femmes : l’engagement d’une vie

Adorée, décorée par tous ses contemporains, elle fut la première femme à recevoir la Légion d’Honneur puisqu’elle fut sacrée Chevalier en 1900, mais aussi la cinquième femme à être promue officier en 1913.

Talentueuse, Jeanne Loiseau était bilingue et aimait plus que tout défendre la cause des femmes grâce à son tact, et son côté diplomate. Elle créa diverses oeuvres philanthropiques, dont Le Denier des Veuves de la SGDL (en 1913), l’Aide aux femmes de Combattants (en 1914) et le Foyer du Soldat (en 1918, tout près du front).

daniel lesueur

Elles ont aussi opté pour un nom masculin :

George Sand, George Eliot, Laurent Danielle et Daniel-Lesueur ne sont pas les seules écrivaines à avoir opté pour un pseudonyme masculin.

En effet, il en existe une myriade, toutes aussi intrigantes les unes que les autres, que nous vous invitons à découvrir par vous-même

Marie D’Agoult, alias Daniel Stern

Elizabeth Mackintosh, alias Gordon Daviot

Victoire Léodile Bérat, alias André Léo

Marie de Hérédia, alias Gérard D’Ouville

Jeanne Philomène Laperche, alias Pierre de Coulevain

Alice Marie Céleste Durand, alias Henry Gréville

Marie-Anne Bertille de Beuverand de la Loyère (bravo si vous avez tout lu), alias Champol

Jeanne-Caroline Violet, alias Guy Chantepleure

Frédérique Audoin-Rouzeau, alias Fred Vargas

JK Rowling, alias Robert Galbraith (elle voulait s’essayer au roman policier, mais cela n’a pas marché car elle a vite été démasquée)

Violet Paget, alias Vernon Lee

La liste est longue…

 

 

 

 

 

 

 

 

« Trop de femmes » : Paris écope d’une amende de 90 000 € pour non-respect de la parité…

C’est la nouvelle absurde de la semaine : l’État demande à la Mairie de Paris de régler une amende de 90 000 € pour non-respect de la parité hommes-femmes.

En 2018, onze femmes avaient été nommées directrices dans la fonction publique par la Maire de Paris Anne Hidalgo, contre cinq hommes à des postes similaires.

Une amende « absurde » et scandaleuse

Pour la Maire de Paris, Anne Hidalgo, cette amende s’avère injuste et surtout « absurde » au vu des efforts d’inclusion des femmes dans la fonction publique. Selon le gouvernement, ces nominations feraient preuve d’un féminisme exagéré.

Comme si la défense des droits des femmes ne serait en réalité qu’un simple passe-temps.

Ô rage, ô désespoir…

En effet, jusqu’ici, nulle amende de ce genre n’a été observée auparavant alors même que ces postes convoités ont toujours été majoritairement occupés par des hommes.

Choquée, Anne Hidalgo ne perd pas son sang-froid et a même annoncé qu’elle irait elle-même porter le chèque accompagnée de ses adjointes, directrices, et de l’ensemble des femmes du secrétariat général.

anne hidalgo

Et vous, cette drôle d’amende, vous en pensez quoi ? 🤔

Faites-nous part de votre avis en commentaire !

 

Quand l’Écosse sort du lot en rendant les protections périodiques gratuites !

écosse protections

Ah les règles… Ces pertes sanguines, parfois douloureuses, ces liquides rouges mensuels, qui horrifient les puceaux, et mortifient les agences de pub. On s’en passerait bien, mais mère Nature nous les refile tous les 28 jours, pour une étrange histoire de cycle. 

Les menstruations, un tabou qui coûte cher

Si ce fluide mixé de sang, de sécrétions vaginales et de cellules endométriales fait jaser, il n’en reste pas moins coûteux :  selon un article du Monde (2017) une femme Française en aurait pour 1 730 € de protections périodiques au cours de sa vie, et encore, sans parler des sous-vêtements, anti-douleurs, gâteaux qu’elle achète pour y pallier.

En 2020, selon WeDemain, ces achats reviennent à environ 10 € par mois soit 5000 € sur une vie (si on considère qu’une femme aura 500 fois ses règles avant la ménopause). Et selon l’association Règles Élémentaires, 1,7 million de femmes sont victimes de précarité menstruelle en France. Il ne s’agit donc pas de cas isolés, mais d’un vrai problème de société.

règles

Face à la précarité menstruelle des étudiantes, l’Université Paris Est-Créteil a mis en place, le 9 mars 2020, un distributeur de protections périodiques gratuites et éco-responsables, de la marque Natracare.

Une initiative dont d’autres établissements scolaires devraient largement s’inspirer !

À bon entendeur…

Règles : l’Écosse officialise la gratuité des protections

Le Period Products Free Provision Bill a été adopté ce mardi 24 novembre par le parlement Écossais : la gratuité des protections périodiques (serviettes, tampons…) devient officiellement un droit… LÉGAL !

Une législation fièrement adoptée par la Première Ministre écossaise, Nicola Sturgeon, et initialement portée par la députée travailliste Monica Lennon. Cette loi compte endiguer définitivement la pauvreté périodique en « préservant la dignité des personnes » comme indiqué sur le site officiel du parlement.

Si la mesure coûterait autour de 24 millions de Livres par an soit 28 millions d’euros, il s’agit d’un grand pas dans la lutte contre la précarité menstruelle, une première attendue au tournant par plus de 2 millions de femmes écossaises.

Alors, quels pays sauront suivre leur exemple ?

Le suspense est à son comble…

En attendant, UN GRAND MERCI À L’ÉCOSSE !

L’avant-gardisme en termes de protection des droits des femmes, c’est la grande classe.